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27.01.2008

Dans les mains de nos dirigeants

fa86800f7cbaad06b2c80ffb77ab962e.jpg"Au sommet de la puissance, on ne voit plus rien du tout.''
Louis Pauwels


Il serait maladroit ou délicat de vouloir distinguer les hommes d'états africains d'hier de ceux d'aujourd'hui. Les uns parvenus à la magistrature suprême au lendemain des indépendances; les autres vraisemblablement acquis à des causes d'un autre temps, bien souvent du passé. Nos dirigeants, pour la plupart, n'incarnent pas encore suffisamment la rupture, l'Afrique des opportunités et du progrès. Nous en sommes toujours à l'Afrique qui tend la main, celle qui rime avec corruption, dictature, guerre civile, famine et pauvreté.

Après que les anciennes puissances coloniales eurent accordé leur souveraineté aux peuples du continent, les africains s'en sont remis, volontairement ou naïvement, aux soins de certains de leurs frères; ceux qui avaient déjà pris part à la machine infernale du colonisateur, ceux qui apparaissaient comme étant de bons élèves du maître. Pour le cas des colonies françaises par exemple, on a ainsi pu assister à la mise en place de la Françafrique, terme qui est redevenu d'actualité ces dernières cinq années. Les stratèges de l'Elysée ont minitueusement assuré la protection des intérêts français. Nos chefs d'états se sont donc attelés à la « lourde » tâche de de diriger, d'une main de fer, ces pays fraîchement libres.

Il fallait en effet tuer dans l'oeuf tous les mouvements de protestation contre le pouvoir. Dès lors, tout était permis: justice partiale, règne de l'arbitraire, assassinats poliques, etc... Parallèlement, ces pays se sont enrichis, et avec eux leur président. Pour le peuple ne restait pour ainsi dire que l'impression de se développer. Le miracle ivoirien, la Suisse de l'Afrique de l'Ouest. Mais à y regarder de plus près, cet essort des années 60 à 80 n'est quasiment lié qu'aux ressources naturelles dont disposaient tous nos pays. Il y a peu, si ce n'est rien, à mettre sur le compte d'une quelconque politique sérieuse de nos dirigeants. En près de trente années, l'Afrique est restée une afrique de l'agriculture, une afrique des mines et des plateformes. L'industrie manufacturière s'est développée, mais avec une ampleur bien en deçà de ce qui aurait été possible si les gouvernements avaient mis en place des politiques de diversification, de création de nouveaux secteurs d'activité, d'intégration des filières.

Aujourd'hui, nous voyons des secteurs émerger (trop ?) rapidement, comme celui des télécommunications. Mais dans la majeure partie des cas, il s'agit d'investissements étrangers, et la manne générée ne profite quasiment pas à l'Etat.

Nous aurions pu croire que la vieille génération de gouvernants s'éteignerait et qu'une nouvelle et jeune race d'africains prendrait les rênes du continent. Il est pourtant difficile de déceler tout changement dans la manière de gouverner. Certains pays s'y sont essayés. Certains gouvernements ont bien tenté d'insufler une nouvelle dynamique, de nouvelles règles de partenariats avec le Nord et aussi une nouvelle vision du développement. Réformes des filières du secteur primaire, création de banques d'investissement à capitaux nationaux, nouvelle politique fiscale pour encourager l'entreprenariat local et international. Je pense que ces réformes, si elles avaient été menées jusqu'au bout, auraient résolument sorti ces pays de la morosité économique. Mais certaines forces qui ne disent pas leur nom n'ont pas vu ces revirements d'un très bon oeil et, persistant par le biais de pressions internationales (banque mondiale, nations unies...) ou militaires, parviennent à remettre les brebis égarées sur le "droit chemin".

L'Afrique du progrès sera une Afrique de la gouvernance intelligente et désintéressée. L'objectivité et l'honnêté des gouvernements est une condition nécessaire pour s'engager sur la voie du développement. L'éthique et le sens du devoir sont des qualités dont nos futures élites devront faire preuve, pour que l'Afrique ne soit plus l'Afrique des essais, mais l'Afrique des résultats et du succès. Les progrès existent, mais nous ne pouvons raisonnablement nous en contenter. La route est encore longue. Alors marchons.

Commentaires

Bien dit. Nous arrivons donc!

Ecrit par : ismosanga | 27.01.2008

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