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21.04.2008
Emmanuel nous apprend…
Je me suis récemment replongé dans la lecture de « "Projet de Paix perpétuelle", où le philosophe allemand Emmanuel Kant (1724-1804) s'évertue à énumérer les préceptes fondateurs d'une paix durable, d'une paix perpétuelle. Il y analyse notamment avec un brio qui me laisse encore sans voix la nature des relations entre Etats, et comment la politique extérieure d'une nation peut porter atteinte à la paix globale.
Je recommande vivement ce traité philosophique qui se caractérise définitivement par son caractère intemporel; Kant examine avec tellement de minutie l’Homme dans son aspect le plus général (mais collectif) que ses conclusions gardent une fraîcheur contemporaine d’une fabuleuse intensité.
Contrairement à Thomas Hobbes qui ne veut considérer une forme de paix entre Etats (selon lui, la loi ne peut unifier qu'un Etat; vouloir régler des rapports entre Nations revient à limiter la liberté des Etats), et au-delà de la pensée de Jean Jacques Rousseau qui reconnaît la nécessité d'organiser les relations entre Etats sans évoquer une quelconque mise en œuvre, Emmanuel Kant,lui, s'appuie sur la raison moralement législatrice pour condamner la guerre comme voie de droit.
Je vous propose quelques extraits qui, vous le verrez, ne devraient pas laisser un ivoirien sans arrières pensées…
"Aucun traité de paix ne peut être respecté si l'on y réserve secrètement quelque sujet de recommencer la guerre".
"Aucun Etat (petit ou grand) ne peut être acquis par voie d'héritage, d'échange, d'achat ou de donation".
"Les armées permanentes doivent entièrement disparaître avec le temps" parce qu'elles sont à l'origine, du fait de leur entretien même, de la tentation de recommencer toujours la guerre.
"Aucun Etat ne doit s'immiscer de force dans la constitution ou le gouvernement d'un autre Etat".
Ces fondements garderont leur vérité (et probablement leur nécessité) encore un certain temps.
20:00 Publié dans Société | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : philosophie, politique, Kant, zum ewigen frieden, projet de paix perpétuelle, rousseau, hobbes thomas
17.04.2008
Fi de bonnes intentions
Ulrich Stielike, l'entraîneur de la sélection des éléphants de Côte d'Ivoire a été remercié. Comme dans la plupart des licenciements d'entraîneur des sélections nationales africaines, aucune raison officielle n'est vraiment avancée. Tout le monde présume dès lors le manque de résultats.
Le contrat de Monsieur Stielike a donc connu son terme en raison de la prestation "décevante" de nos joueurs à la dernière coupe d'Afrique des Nations. Il n'est pas le seul dont la tête soit tombée à l'issue de la compétition. A croire que l'issue d'un tournoi est synonyme de jalon pour renouveler un peu les staffs d'encadrement.
Je suis déçu de voir que nous recommençons à commettre les mêmes erreurs que par le passé. Je suis d'avis qu'il faut investir dans le temps, et éviter les emportements à court terme. Le travail commencé par l'entraîneur allemand semblait être un travail de profondeur, où celui-ci tentait d'associer la rigueur de jeu exigé par le football moderne à la spontanéité de joueurs "artistes". Nous venons de casser cette dynamique.
Sans doute que personne à la fédération n'a voulu remettre en cause la motivation ou le niveau des joueurs eux-mêmes. Quid des circonstances particulières (le décès de son fils) qui ont empêché Monsieur Stielike d'encadrer pleinement son équipe pendant la CAN? Argument probablement passé à la trappe.
Quelque soit le nouvel entraîneur de notre équipe (des rumeurs courent sur un entraîneur français), je crois qu'avoir brisé cet élan identifié par beaucoup comme positif et cohérent nous éloigne encore plus de notre objectif. J'imagine que nous allons une fois de plus hériter d'un routinier de l'Afrique, d'un entraîneur qui a exercé 20 ans sur le continent et qui lentement ne sait plus rien du football moderne et joue plus un rôle de "caution sportive".
"Danke schön" à Ulrich Stielike. Bonne chance aux éléphants.
20:57 Publié dans Sport | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note