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21.05.2008

Afrique du Sud: histoire d'une dualité

371c079c7fa6ab97552170176c84bd71.jpgL'actualité de ces derniers jours nous offre un paradoxe révélateur des ambiances latentes de notre continent.
Une Afrique du Sud qui caracole en tête du classement des universités africaines, mais qui en même temps explore dangereusement les profondeurs abyssales de la dignité humaine.
Alors que l'université du Cap ou encore celle de Prétoria démontrent l'apparente qualité de l'enseignement supérieur de ce pays, les violences xénophobes de Johannesburg s'étendent maintenant jusqu'à Durban. 42 personnes sont déjà à déplorer.

De nombreux Sud-Africains accusent les étrangers, dont quelque trois millions de Zimbabwéens de prendre des emplois et d'être à la source de la haute criminalité. La dernière semaine a ainsi été dévastatrice pour les quartiers pauvres de la capitale économique. Meurtres, viols, pillage ont déjà amené 13000 personnes à quitter le pays.

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L'Afrique du Sud porterait-elle deux masques? Celui du modernisme à l'africaine, où l'éducation occupe une place centrale de la société? Celui de la sauvagerie que personne ne lui aurait attribuée il y a quelques temps?

La réponse est simple; il y a bien deux masques, au détail près qu'ils sont portés par deux Afriques du Sud. Celle des élites, classe privilégiée de la société qui a depuis longtemps passé le cap des besoins de bases comme vivre ou survivre. Et celle des laissés-pour-compte, qui n'ont pas reçu le minimum d'éducation nécessaire pour éviter une catastrophe telle que nous l'observons actuellement. Dans les townships, l'air sent le long ressassement d'une grogne qui, enflammée par une minorité d'esprits mal intentionnés, s'est tournée vers les étrangers.

Tout en condamnant les agissements de ces personnes, mais sans vouloir de manière systématique fustiger une situation qui pourrait tout aussi bien se rencontrer chez nous, je veux ici affirmer que ces violents manifestants ne constituent ni la cause, ni la conséquence du problème. Ils sont les symptômes, les signes d'un raz-le-bol qui finira en raz-de-marée si rien n'est fait pour éduquer nos populations.

Evidemment, il est formidable que nos ingénieurs sachent résoudre les équations de Maxwell ou puissent déchiffrer un caryotype. Mais il est en premier lieu nécessaire, vital, que le commun de l'Homme africain reçoive un minimum d'éducation pour vivre dans le respect des autres. Pour une intelligence au service du civisme et du progrès, et non une ignorance glorifiant la violence comme voie de droit.