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05.07.2008

Vidéo: Fraude électorale au Zimbabwe

Voici une vidéo tournée par Uda, un jeune zimbabwéen dont l'oncle a été assassiné par le Zanu PF.
Une preuve inquiétante de la mascarade organisée par Mugabe et son parti.

En espérant que ce genre de tricherie grossière ne trouvera pas d'échos bientôt chez nous.

21.03.2008

Quid de JP Ney ?

2ee991d34569b6d2a37bdd4d054e2fd5.jpgAprès l’effervescence du web ivoirien suite à la diffusion des vidéos de IB et de Jean François Cazé (Monsieur « on tape ! »), nous pourrions aujourd’hui nous interroger sur l’état des enquêtes du gouvernement ivoirien et de la suite donnée à l’arrestation de JP Ney, mystérieux reporter français, auteur présumé des fameux enregistrements.

Aux dernières informations, il serait encore à la MACA, sur le point d’entamer une grève de la faim pour dénoncer la manipulation dont il fait l’objet.


Les autorités ivoiriennes ont peut-être l’impression de tenir là une source solide qui les mènera droit vers les déstabilisateurs de la Côte d’Ivoire. Aucune information n’a été donnée sur de quelconque démarches de la part de la France pour faire libérer son ressortissant. Un mutisme qui surprend plutôt, lorsqu’on sait le « dynamisme » de Monsieur Sarkozy et qu’on se rappelle les grosses manœuvres pour la libération des deux reporters français au Niger.

La France verrait-elle en Jean Philippe Ney un « reporter » compromettant ?

Chose curieuse, le dernier billet de JP Ney sur son blog date du 4 janvier 2008, alors qu’il était officiellement encore détenu par les autorités ivoiriennes.

L’autre grand inconnu est notre ami le « Barbouze », rendu célèbre par Youtube et ses fameux « viva la révolution ! » ou « on tape ! ».

Encore une histoire dont nous ne connaîtrons probablement jamais l’issue. Encore une histoire qui va s’oublier derrière l’opacité des relations franco-ivoiriennes.

18.03.2008

Le diapason conditionnel ivoirien 2

6de36820c62dfbc826670a9e96bab091.jpgLa chanson continue...

Dans ma précédente note "Le diapason conditionnel ivoirien", j'ai émis quelques critiques quand aux raisons invoquées par les dirigeants politiques pour expliquer les retards dans l'organisation des élections en Côte Ivoire.

L'annonce faite par Robert Mambé Beugré, président de la Commission électorale indépendante (CEI), installe encore plus confortablement mes inquiétudes. Morceau choisi:

"Si on ne peut pas le faire (organiser les élections) au mois de juin, (...) si les préalables ne sont pas remplis en temps opportun, nous allons proposer une date au gouvernement et ce sera cette date qui sera retenue une
fois qu'on se sera mis d'accord avec lui"


Et le diapason continue de sonner en "si"... J'ai titré mes notes avec le terme "conditionnel". Une condition est par définition un élément à réaliser pour parvenir à un objectif. Si elle n'est pas remplie, évidemment on ne parvient pas à ses fins. Je vois dès lors dans cette déclaration une nouvelle tentative de justifier au peuple ivoirien, par le biais d'une logique bancale, un retard qui manifestement est connu de tous mais non encore officialisé.

Une raison majeure selon l'INS est liée aux activités de l'opérateur technique SAGEM. Je crois me souvenir de la remise par le premier ministre à SAGEM de son cahier des charges. Corrigez moi si je me trompe, mais tout projet "d'ingénierie" s'appuie sur une définition amont appelée cahier des charges (ou spécification). Ce support sert à la définition du travail a accomplir et devrait donc exister AVANT de choisir l'opérateur. Malheureusement chez nous, les contrats se signent tellement vite...

A quand une gestion transparente mais surtout honnête des affaires publiques ? Le petit Boni (voir [1] ) répondrait sans une minute d'hésitation "Le jour des élections, mon cher Poukoi".

16.03.2008

Le diapason conditionnel ivoirien

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Le petit Stéphane, français, explique à Boni son ami ivoirien le sens de l'expression " le jour de la Saint Glinglin ":
« Boni, c'est un jour qui n'existe pas. C'est comme quand on dit le jour où les poulets auront des dents. »
A quoi Boni répond, le sourire aux lèvres:
« Ah je vois! Nous ivoiriens avons une expression équivalente: le jour des élections! ».

Décidément, le diapason politique ivoirien ne donne pas le « La ». Il ne cesse de sonner en « Si ». Si par ci, Si par là, le concert des conditions non réunies est devenu une symphonie digne des apocalyptiques tableaux musicaux de Wagner. A tel point que les conditions elles-mêmes se sont effacées devant le désastreux constat d'une politique qui marche à reculons. Les raisons du retard accusé dans l'organisation des élections présidentielles insultent chaque jour un peu plus l'intelligence du peuple ivoirien. Mais profitent également aux « routiniers » de la République, qui voient dans cette échéance la possible fin d'une existence dorlotée par la crise.

La Banque Mondiale, la Banque Africaine de Développement, le Fond Monétaire International, l'Union Européenne et les Nations Unies ont récemment mis à la disposition de la Côte d'Ivoire 100 milliards de francs CFA pour financer le processus de désarmement et organiser les élections.
Notre premier ministre, Monsieur Soro, s'est rendu à Dakar pour le 11ème sommet de l'Organisation de la Conférence Islamique, dont il est revenu avec un accord de principe de la BID (Banque Islamique de Développement) sur l'organisation de tables rondes pour contribuer au processus de paix.

Je pourrais multiplier les exemples qui établissent une forme de bijection entre « finances » et « élections ». Le blocage (ou le retard pour les plus optimistes) serait-il une simple affaire d'argent?. Financer la réinsertion des anciens combattants, payer les ex-rebelles, régler les factures de SAGEM (responsable technique des élections)...
Les hommes politiques ivoiriens semblent être parvenus à faire adhérer l'opinion ambiante à cette vision fort simplifiée des élections. Nous avons besoin d'argent pour les élections, nous n'en avons pas assez, alors les élections prennent du retard.

Dans ce lamentable discours qui tient plus d'une longue liste de faux prétextes, personne ne dit « nous voulons organiser les élections ». Le voulons nous vraiment?
Il est temps que nos dirigeants se mettent à penser en solutions plutôt qu'en problèmes. Et je continue de croire, peut-être naïvement, que l'argent n'est pas un frein. Lorsque la Côte d'Ivoire annonce de nouveaux pipelines, la création d'une seconde raffinerie, et autres grands chantiers, pense-t-elle aux élections qui apporteront plus de clarté et de légitimité au paysage politique ivoirien? Les moyens existent, mais sans volonté affirmée, ne nous mèneront nulle part.

Un pari éternellement ouvert? Un pari éternellement tenu ouvert? Avec 100 milliards de francs CFA, la Côte d'Ivoire pourrait financer un an d'études a 15000 étudiants en Europe (soit des études complètes à 3000 étudiants) ou acheter près de 10 millions de livres aux écoliers ivoiriens, et multitude d'autres actions du développement qui sont le rôle véritable d'un gouvernement. Gageons que cette colossale somme nous conduira effectivement aux élections. Un gâchis serait impardonnable.

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26.02.2008

Un ivoirien au Liechtenstein ?

9d8303fe2006d8a9cac042c614944ad1.jpgVous avez probablement entendu parler du scandale fiscal défrayant la chronique en Allemagne [voir ici].
Le BND (service secret allemand) a acheté à un informateur une liste de personnes coupables d'évasion fiscale. Les arrestations ont lieu en Allemagne et le BND a déjà transmis à d'autres pays des listes de leurs citoyens présumés coupables.

Une véritable opération de force que je ne peux observer sans penser à mon cher pays...
Pouvons-nous imaginer un jour chez nous de telles démarches? A supposer que cela soit possible, il faudrait regarder en France, en Suisse, au Liechtenstein, au Luxembourg, en Belgique, etc... pour probablement se rendre compte du désastre!!!

Les exemples ne manquent pas (à ce sujet, lire absolument cet article).

Le pire pour le cas de l'Afrique, c'est que ceux qui devraient s'occuper de lancer de telles enquêtes, autrement dit les responsables politiques, sont justement ceux qui n'ont aucun intérêt à le faire.

A quand une dénonciation spontanée par les Banques de Genève ou du Liechtenstein des sommes en provenance de nos contrées noires?

Pour vous faire une idée de ce qui se fait de mieux en matière de fuite de capitaux, made in Afrique française, n'hésitez surtout pas à visiter cette galerie photo.
Pauvre continent...

27.01.2008

Dans les mains de nos dirigeants

fa86800f7cbaad06b2c80ffb77ab962e.jpg"Au sommet de la puissance, on ne voit plus rien du tout.''
Louis Pauwels


Il serait maladroit ou délicat de vouloir distinguer les hommes d'états africains d'hier de ceux d'aujourd'hui. Les uns parvenus à la magistrature suprême au lendemain des indépendances; les autres vraisemblablement acquis à des causes d'un autre temps, bien souvent du passé. Nos dirigeants, pour la plupart, n'incarnent pas encore suffisamment la rupture, l'Afrique des opportunités et du progrès. Nous en sommes toujours à l'Afrique qui tend la main, celle qui rime avec corruption, dictature, guerre civile, famine et pauvreté.

Après que les anciennes puissances coloniales eurent accordé leur souveraineté aux peuples du continent, les africains s'en sont remis, volontairement ou naïvement, aux soins de certains de leurs frères; ceux qui avaient déjà pris part à la machine infernale du colonisateur, ceux qui apparaissaient comme étant de bons élèves du maître. Pour le cas des colonies françaises par exemple, on a ainsi pu assister à la mise en place de la Françafrique, terme qui est redevenu d'actualité ces dernières cinq années. Les stratèges de l'Elysée ont minitueusement assuré la protection des intérêts français. Nos chefs d'états se sont donc attelés à la « lourde » tâche de de diriger, d'une main de fer, ces pays fraîchement libres.

Il fallait en effet tuer dans l'oeuf tous les mouvements de protestation contre le pouvoir. Dès lors, tout était permis: justice partiale, règne de l'arbitraire, assassinats poliques, etc... Parallèlement, ces pays se sont enrichis, et avec eux leur président. Pour le peuple ne restait pour ainsi dire que l'impression de se développer. Le miracle ivoirien, la Suisse de l'Afrique de l'Ouest. Mais à y regarder de plus près, cet essort des années 60 à 80 n'est quasiment lié qu'aux ressources naturelles dont disposaient tous nos pays. Il y a peu, si ce n'est rien, à mettre sur le compte d'une quelconque politique sérieuse de nos dirigeants. En près de trente années, l'Afrique est restée une afrique de l'agriculture, une afrique des mines et des plateformes. L'industrie manufacturière s'est développée, mais avec une ampleur bien en deçà de ce qui aurait été possible si les gouvernements avaient mis en place des politiques de diversification, de création de nouveaux secteurs d'activité, d'intégration des filières.

Aujourd'hui, nous voyons des secteurs émerger (trop ?) rapidement, comme celui des télécommunications. Mais dans la majeure partie des cas, il s'agit d'investissements étrangers, et la manne générée ne profite quasiment pas à l'Etat.

Nous aurions pu croire que la vieille génération de gouvernants s'éteignerait et qu'une nouvelle et jeune race d'africains prendrait les rênes du continent. Il est pourtant difficile de déceler tout changement dans la manière de gouverner. Certains pays s'y sont essayés. Certains gouvernements ont bien tenté d'insufler une nouvelle dynamique, de nouvelles règles de partenariats avec le Nord et aussi une nouvelle vision du développement. Réformes des filières du secteur primaire, création de banques d'investissement à capitaux nationaux, nouvelle politique fiscale pour encourager l'entreprenariat local et international. Je pense que ces réformes, si elles avaient été menées jusqu'au bout, auraient résolument sorti ces pays de la morosité économique. Mais certaines forces qui ne disent pas leur nom n'ont pas vu ces revirements d'un très bon oeil et, persistant par le biais de pressions internationales (banque mondiale, nations unies...) ou militaires, parviennent à remettre les brebis égarées sur le "droit chemin".

L'Afrique du progrès sera une Afrique de la gouvernance intelligente et désintéressée. L'objectivité et l'honnêté des gouvernements est une condition nécessaire pour s'engager sur la voie du développement. L'éthique et le sens du devoir sont des qualités dont nos futures élites devront faire preuve, pour que l'Afrique ne soit plus l'Afrique des essais, mais l'Afrique des résultats et du succès. Les progrès existent, mais nous ne pouvons raisonnablement nous en contenter. La route est encore longue. Alors marchons.

19.01.2008

La Françafrique par M. Bockel

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On peut lire sur le site du Monde [ici], une interview de Jean-Marie Bockel, secrétaire d'Etat français à la coopération.

Qu'en penser? Pour l'instant des mots, seulement des mots.