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20.09.2008

L'oubli de l'eau et de l'électricité

sodeci.jpgLes bloggeurs spécialistes de NTIC, des médias et autres moyens de communication moderne m'en voudront certainement, mais je souhaite ici pointer du doigt une situation qui pourrait devenir un problème si les gouvernements africains ne font pas attention.
Nous assistons ces dernières 10 années à un véritable boom des télécoms dans notre pays. D'abord l'arrivée des opérateurs de téléphonie cellulaires, puis les fournisseurs d'accès internet. Le gouvernement octroie à prix d'or (et encore...) les licences d'exploitation et les populations se prennent au jeu de l'ère “moderne”, du SMS et des e-mails.
Le secteur des télécommunications est donc devenu et reste l'une des branches les plus dynamiques de l'Economie, avec des infrastructures -le mot est lâché- qui ne cessent de se développer.

A l'ombre de ce fulgurant essort, il est des secteurs tout aussi importants, certes moins “ludiques”, moins dans l'ère ou l'air du temps, qui sont laissés pour compte. J'ai nommé l'eau et l'electricité. Ces deux secteurs appartiennent également aux industries de réseaux, sans toutefois polariser l'intérêt général sur leur criticité.

ciprel.gif


De manière générale, les fournitures en eau et électricité ne se sont pas véritablement améliorées ces dernières années. Pénuries d'eau par-ci, avaries électriques par là, elles se sont parfois même dégradées. La faiblesse des investissements faits dans le domaine, pour maintenir l'existant mais aussi étendre et perfectionner ces réseaux, constitue une raison majeure de cette situation. A ce rythme, la Côte d'Ivoire, qui au passage fournit également ses pays limitrophes, risque gros. La Compagnie Ivoirienne d'Electricité ne s'affiche pas vraiment en moteur du secteur électrique ivoirien. La Société de Distribution d'Eau de Côte d'Ivoire ne fait pas forcément mieux. Ces deux entreprises, qui ont comme point commun leur "illustre" propriétaire, semblent se cacher derrière les contrats de gré à gré signés avec l'Etat; contrats qui leur accordent, dans des conditions plus qu'avantageuses, des privilèges de quasi monopole. Les ministères ne semblent pas non plus forcément faire leur travail. Récemment, on nous a annoncé la création d'une nouvelle centrale élecrique, financée par le Lybie. C'est un pas supplémentaire vers la libéralisation du secteur électrique, mais c'est encore largement insuffisant en terme de politique de la concurrence. Je persiste à penser que l'Etat doit être propriétaire ET exploitant de son réseau et que les autres entreprises, comme la CIE, CIPREL, AZITO etc.. sont des producteurs, rien de plus. Cette concurrence, qui actuellement tient plus d'un cartel, sera alors véritablement bénéfique aux ivoiriens et moins coûteuse pour l'Etat.

Cette profonde implication de l'Etat implique:
- une revue en profondeur de la législation en vigueur
- une restructuration complète et cette fois-ci cohérente des entreprises d'Etat chargées des secteurs électrique et de l'eau (à titre d'exemple, le distingo BNEDT et SOPIE est très difficile à faire. Ce sont pourtant deux sociétés d'état)
- la création d'une véritable entreprise de l'électricité et de l'eau
- la reprise en main de la régulation des réseaux (par exemple du dispatching pour ce qui est de l'énergie électrique)
- le recrutement et la formation d'un personnel qualifié afin de gérer au mieux les moyens de distribution et assurer l'extension intelligente des réseaaux

Car pour l'instant, le jeu de la concurrence n'existe pas. Certains grands groupes s'enrichissent odieusement, tandis que nos populations boivent le calice jusqu'à la lie.

Photos:
[1] Immeuble de la SODECI, Abidjan
[2] Compagnie Ivoirienne de Production d'Electricité

16.01.2008

Le respect en perdition

03c6819c6b9ba34130e461e77cd51535.gifTitulaire d'un permis ivoirien, j'ai le "bonheur" de devoir le refaire en Allemagne, notre permis n'y étant pas reconnu.

J'en suis encore aux cours théoriques, et je suis spectateur privilégié de la jeunesse occidentale.
Si j'écris cette note, c'est parce que j'ai été témoin d'un évènement pour le moins singulier. Certains trouveront probablement les faits tout à fait normaux, mais je me considère encore de la "vieille école", malgré mes jeunes 25 ans.

Imaginez-vous des adolescents allumant leurs cigarettes sous la table de salle de classe et fumant clandestinement sans aucun scrupule !!

Au risque de me faire traiter de tous les noms, j'ai demandé à ces jeunes gens d'éteindre immédiatement leur cigarette; ce qu'ils ont fait après hésitation, les visages pleins de mépris.

L'exemple est je crois assez représentatif de la jeunesse occidentale, une jeunesse qui a de moins en moins de repères ou de valeurs. La génération portable et lecteur mp3, celle qui ne finit pas son assiette et possède un compte en banque avant d'avoir appris à lire.
Un problème d'éducation ? Certainement. A l'heure de l'enfant surprotégé, à l'heure de l'efficace perversion orchestrée par les médias, l'encadrement de la jeunesse devrait être encore plus soutenu. Mais les modèles familiaux se sont effrités au cours des dernières décennies et l'individualisme est devenu une sorte de température ambiante.

La notion de respect se perd, et avec elle une forme de cohésion sociale dont elle était un des ciments essentiels. Nous assistons lentement au règne de la médiocrité, pour emprunter les termes chers à un de nos responsables politiques ivoiriens.

J'ai dit occident? Evidemment, l'Afrique n'est pas épargnée. Les effets pourraient être encore plus désastreux, dans la mesure où nous sommes encore en voie de développement. L'éducation m'apparaît être la seule issue. Une éducation à tous les niveaux: en famille, à l'école, en société. Restaurer le respect de soi-même, et celui d'autrui, voici deux pré-requis pour une société saine, une société qui progresse.

La culture africaine, avec l'importance qu'elle accorde à la famille, est un atout majeur à utiliser... à bon escient. Car elle présente également des freins sur lesquels je reviendrai peut-être une autre fois.

Bref, on apprend beaucoup de choses en allant à l'auto-école. Des jeunes gens qui apprennent à conduire, mais qui se conduisent si mal.

Cultivons notre autonomie, tout en respectant les autres.